Le message chrétien nous apprend que chacun de nous a une histoire d’amour avec Dieu et que c’est l’histoire d’amour qui vaut vraiment la peine d’être écrite : car c’est l’histoire d’amour qui soit sans faille ( du moins du côté de Dieu); Dieu nous a aimés avec une fidélité à toute épreuve ; il nous a aimés gratuitement pour notre bonheur, s’est sacrifié jusqu’à la mort, sans jamais calculer, toujours à nos côtés, jour et nuit, dans le malheur comme dans la joie, dans la jeunesse comme dans la vieillesse ; il a fait totalement confiance et a toujours cru à notre retour alors que nous l’avions quitté en claquant les portes derrière nous… Voilà l’image selon laquelle nous avons été créés et que nous devons retrouver. Nous la retrouverons en cherchant à rendre les autres heureux, en voulant leur bien, en ne les jugeant pas, en ne les méprisant pas ; nous la retrouverons en leur faisant confiance, malgré le risque d’être trompés par eux… ; cette confiance est mise dans la grâce, c’est la possibilité qui est donnée à chaque être humain de pouvoir se convertir ; nous la retrouverons en restant fidèles à l’amour voué à notre conjoint, notre ami, notre prochain, malgré son infidélité, malgré ses faiblesses ; il nous faut être fidèles à lui, même s’il nous hait, en lui pardonnant tous les torts qu’il nous a causés, non seulement sept fois, mais soixante-dix-sept fois sept fois ; nous la retrouverons enfin si nous nous sacrifions pour les autres, en faisant passer leur intérêt avant le nôtre, jusqu’au don éventuel de notre vie pour eux.
C’est alors seulement que nous pouvons expérimenter comment l’amour est plus fort que la mort. Aimer, c’est donc pouvoir dire à l’autre que, pour moi, tu ne vas jamais mourir :
« Comment pourrais-tu mourir puisque je t’aime !
Tu ne mourras pas : l’amour que je te porte est éternel, il me rend moi-même éternel, il te rend toi-même éternel, mon amour.
Tu ne mourras pas : au moment de tes malheurs, je chercherai ton bonheur, sans jamais te quitter ; je te regarderai avec des yeux tels qu’ils suscitent en toi des forces insoupçonnées.
Tu ne mourras pas, car, lorsque la joie voudra t’aveugler, te pousser à tout retenir pour toi, je serai là pour me réjouir de ta joie, la décupler, la dilater, pour qu’elle ne t’étouffe pas.
Tu ne mourras pas de tes richesses : je serai là pour partager ; ma présence te rappellera sans cesse qu’il y a une autre richesse qui vaut plus que tout, celle de la rencontre avec moi, avec les hommes, avec Dieu ; une richesse que rien n’épuise, qui jamais ne rassasie.Tu te maintiendras alors en course, en quête, et tu ne mourras pas d’être arrivé.
Tu ne mourras pas de solitude, car je serai toujours avec toi, dialogue vivant au cœur de ton existence, t’invitant sans cesse à échanger nos pensées, nos gestes, nos craintes et nos espoirs, nos rancunes et nos souffrances.
Tu ne mourras pas de tes fautes, car tu trouveras mon cœur plus grand que tes fautes, et mon pardon plus fort que tes offenses, tremplin disposé à tes pieds, pour sauter toujours plus haut.
Et même quand ton corps t’abandonnera, tu ne mourras pas, car je persévérerai dans ma révolte contre ta mort, à l’exemple de Dieu, qui s’est insurgé contre la mort de Jésus ; son amour a été plus fort que la mort, dans cette Pâque où il lui a dit : tu ne mourras pas, car je t’aime ».
Aimer, c’est faire vivre l’autre.
C’est finalement l’amour qui est le secret de la vie.