Feuillet paroissial
Avril 2026
Sans la Résurrection, c’est toute la foi chrétiennequi s’évanouit.

– Si on supprime la Résurrection, on recueillera sans doute de la tradition chrétienne un certain nombre d’idées dignes d’attention sur Dieu et sur l’homme, mais la foi chrétienne est morte. Jésus ne sera perçu que dans sa dimension humaine et on retiendra de lui ce qui nous est utile. Mais pour tel autre aspect, on cherchera chez Bouddha, chez Mahomet, Gandhi ou Martin Luther King… il faut bien le reconnaître, dans pareil cas, c’est une foi composite ou hybride. C’est tout sauf la foi chrétienne.

– Une autre fausse voie est celle qui consiste à penser la Résurrection en termes de réanimation. Car, en effet, dans la réanimation, on reprend le cours de sa vie d’auparavant pour, ensuite plus tard, mourir définitivement. Mais cela n’a pas été le cas pour Jésus.

– Dans la Résurrection il ne s’agit pas non plus d’un fantôme. Cela veut dire que Jésus n’est pas quelqu’un qui, en réalité, appartient au monde des morts faisant par moments des incursions dans le royaume des vivants pour finalement retourner chez les morts.

Qu’est-ce qui s’est produit alors ?

Les témoins, qui avaient rencontré le Ressuscité, s’étaient trouvés face à un phénomène qui, pour eux-mêmes, était totalement nouveau, puisque cela allait au-delà de l’horizon de leurs expériences. Les disciples ne le savaient pas et devaient l’apprendre seulement par la rencontre avec la réalité. Personne n’avait pensé à un Messie crucifié. Maintenant, le « fait » était là, et à partir de ce fait, commence la lecture nouvelle de l’Écriture parce que Jésus, en raison de la Résurrection, a été accrédité comme envoyé de Dieu. Du coup, dans les témoignages sur la Résurrection, on parle d’une nouvelle dimension de la réalité qui se manifeste. On ne conteste pas la réalité existante. On nous dit plutôt : il existe une autre dimension par rapport à celles que nous connaissons jusqu’à maintenant. Est-ce que vraiment il ne peut exister que ce qui a existé depuis toujours ? Est-ce que – et pourquoi pas ? – quelque chose d’inattendu, d’inimaginable, quelque chose de nouveau ne peut pas exister ? Si Dieu existe, ne peut-il pas, lui, créer aussi une dimension nouvelle de la réalité humaine ? La vie n’est donc pas réductible à ce qu’admet notre intelligence. Elle est plus profonde que l’étendue de nos connaissances.
Changeons donc de regard.


Carlos de la Joie, Curé