11 Jan
11Jan

Une question est souvent posée : par besoin d’une lisibilité plus aisée et d’une insertion plus facile dans notre vie de tous les jours, pourquoi ne peut-on pas remplacer les textes bibliques par des textes profanes à la messe catholique ? 


D’aucuns diront que les textes bibliques sont souvent difficiles à comprendre et ne traitent pas vraiment de sujets contemporains auxquels ils sont confrontés aujourd’hui. Pourquoi pas les remplacer par un texte contemporain qui traiterait d’une problématique actuelle, idéalement en lien avec le message de l’Évangile, ce qui permettrait de le rendre plus accessible au public jeune. Les textes contemporains, en tout cas, permettraient de mieux cibler des problématiques d’aujourd’hui.   


La réponse à cette question ne peut venir que de la redécouverte du sens de la lecture de la Bible dans la liturgie.

Sur l’initiative de Dieu et sous la conduite de Moïse, le peuple hébreu est délivré de son esclavage en Égypte. Après la traversée de la mer Rouge, le voici campant dans le massif du Sinaï en face de l’Horeb. C’est là que le Seigneur appelle Moïse, lui confie sa volonté de faire alliance avec son peuple et lui transmet la charte de cette alliance : les Dix commandements. Moïse redescend de la montagne, convoque le peuple et lui fait la lecture de cette charte. Le peuple répond : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique » (Exode 24,3). Ayant ainsi donné son adhésion à l’Alliance, le peuple peut sceller un pacte d’alliance par des holocaustes et un sacrifice de communion (Exode 24, 4-8). Dans cet épisode se trouve la justification profonde de la Parole de Dieu dans la messe : il n’y a pas de pacte d’alliance possible sans l’énoncé préalable de la charte d’alliance et sans adhésion à ce qu’elle contient. Et puisqu’il s’agit de l’alliance de Dieu avec les hommes, c’est la Parole de Dieu qui constituera la charte. Voilà ce qui fonde la présence de la Sainte Écriture dans toutes les célébrations et, tout particulièrement dans la célébration de la nouvelle Alliance qu’est la messe.

Dans la liturgie, l’Écriture sainte a « une importance extrême ». C’est dans leur proclamation au cours de la liturgie que les écrits de la Bible prennent toute leur signification, et que Dieu nous révèle qui il est pour nous permettre de le prier de la manière la plus juste possible.  

On l’aura compris, la lecture de la Bible n’est pas une simple lecture d’un livre, mais l’écoute de Dieu lui-même qui s’adresse aux croyants. Comme un repas, la Parole de Dieu nourrit les croyants, qui y cherchent la vie et une compréhension plus profonde de leur foi. Les textes, souvent liés et commentés par l’homélie, éclairent le mystère du salut ainsi que la vie nouvelle en Christ et nous aident à trouver un sens à notre vie.  

Liturgie de la Parole, qui est la première partie de la messe, est un dialogue sacré où Dieu parle à son peuple à travers la lecture de la Bible (Ancien Testament, Psaumes, Épîtres, Évangile), commentée par l’homélie, et où l’assemblée répond par la foi (Profession de foi, Prière universelle), visant à nourrir la vie des croyants et les préparer à l’Eucharistie. Son sens profond est l’écoute attentive de la Parole de Dieu qui transforme le cœur, l’actualise dans la vie, et culmine avec l’Évangile.  

Alors, peut-on remplacer les textes bibliques par des textes profanes à la messe catholique ? Substituer ou remplacer ces textes par des textes profanes changerait fondamentalement la nature de la célébration eucharistique. Des chants ou des homélies peuvent s’inspirer de la vie contemporaine, mais ils « complètent », et non remplacent, les lectures bibliques. Les textes bibliques sont considérés comme la Parole de Dieu (Révélation), servant de nourriture spirituelle et de base à la prière et à la catéchèse.  En conclusion, la question est : que vient-on faire à la messe ? Qui vient-on écouter et prier : Dieu ou un auteur contemporain ?  

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